Mardi 15 juillet 2008

 



Place des Arts, Wilfrid-Pelletier, fin, non plutôt début août

On s’en fout!

Prenez place madame Giroux, monsieur Ledoux

Bienvenue à ce concerto pour un fou-ou-ou-ou

 

Mains moites, dos raidis, boutons serrés, sueurs au front

Avez-vous bien digéré vos filets mignons ainsi que vos deux derniers Bourbons

Ce piano à queue résonnera à travers mes états d’âme, soir d’extrême-onction

Cocktail de prozacs et de lithiums, grand verre d’eau, nœud papillon

La porte de ma loge s’ouvre à l’horizon

 

Saisissez bien ma détresse en cette révérence, je pèterai les plombs

Écoutez bien retentir ce son de mes doigts longs, du vrai bonbon

Non! Bande de cons!

Je ne suis pas un fou! Je suis en maniaco dépression - sion - sion

Année après année, saison après saison, sans aucune guérison

Oui j’ai fait prescriptions ma collection

 

Toutes ces symphonies jouées de façon magistrales, récitals en rafales

Sans jamais un seul soir perdre les pédales

Bien à vous mes très chers critiques de tous ces quotidiens de Montréal

Demain matin, grand coup d’éclat, titré de votre journal

« Le fou du piano a joué sa dernière symphonie, emporté par sa maladie mentale »

sol – sol – sol – sol – sol – sol

Vous! Gros ventres bien gavés assis aux premières loges à spéculer vos déductions fiscales

Entendez-vous mes silences résonner dans l’écho de cette salle

 

Ce sont les trémolos de votre petite-nièce que vous avez attouché hier matin, son âme a mal!

Ce sont les double croches de notre terre qui souffre!

Ce sont les blanches de votre adolescent qui s’isole dans toute votre indifférence!

Ce sont les noires d’une orpheline africaine pleurant toute sa parenté!

 

Bien à vous! Complet Gucci, Dior, Armani, Versace

Entendez-vous ces fas mineurs si bien pianotés

Je suis le maestro!

Écoutez ou allez sur-le-champ vous faire rembourser!

fa - fa - fa - fa - fa - fa

Paralysés, bouche-bées, vous êtes à m’observer comme si j’étais un interné

Je ne suis qu’un simple pianiste désabusé

Vous avez fait de moi cet icône, ce n’est pas moi c’est mon clône, apparemment un surdoué

Soir après soir à venir plonger dans mon univers pendant toutes ces années

Je ne suis pas prostitué!

 

Hélas!

Sans jamais comprendre en moi le messager

Cette révolution que l’on doit s’imposer

 

Je suis mûr pour le grand voyage, je ne peux point encore hurler, je suis fatigué

Des milliers de fois à me lever de ce banc, pourtant vous m’avez tant adulé

Si au moins vous aviez compris cette rasphodie que je clame depuis tant d’années

Bandes d’hypocrites, de gourous, de mal-baisés, de névrosés, de mal-aimés

Je suis épuisé

 

Je tombe. Je succombe. Le nirvana de mes scénarios

La dernière symphonie du fou du piano

                                                Les lumières s’éteignent, mon âme s’envole, je rejoins les oiseaux
Par Moi... mes souliers
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Commentaires

Que de tristesse dans cette lecture...
Commentaire n°1 posté par mystere le 15/07/2008 à 22h18

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