Jeudi 15 octobre 2009

 

 

Je suis à la mi-trentaine de mon existence

Pâturages de l'amour, je vous cherche encore

Tel un mouton égaré au milieu des montagnes

J’erre en atténuant ce froid humain qui se fait ressentir

 

Cet affolement qui me gagne à l’aube de la quarantaine

 

Par cette nuit de détresse, demain sera-t-il mieux

Désemparé, enveloppé seul dans ce chagrin

Ces étoiles brûlées à travers ce ciel tourmenté

Le dernier fil du pantin a cédé, que le vent m’emporte

 

Pleure, pleure un peu ces sanglots de désespoir

Je partirai dès l’aube à la quête de toi, amour

Un jour, il y aura quelqu’un en moi, amour

Pleure, pleure un peu ces larmes de détresse

 

Après ce temps passé dans l'étrange et l'ardu

On va m’accueillir les bras ouverts à travers cette clarté

Je passerai très haut par-dessus les clameurs

Loin des profiteurs, des lieux de corruption

 

Je ne suis pas seul à faire ce voyage

J’ai croisé d’autres bêtes parmi ces paysages

Comme moi, invité à ce jour qui naîtra

Nous devrons désormais tous les chérir

D'un amour jamais las, comme si c’était notre ultime

 

Aujourd'hui, j’aime

 

Ô père, ô mère, aujourd'hui votre fils vous écrie

Pour vous dire qu’il m’a reconquis

Et qu’il se porte bien, et qu’il vous aime

Ô père, ô mère, que votre fils soit sanctifié

*Monsieur Miron, pardonnez-moi d’avoir joué avec vos mots afin d’apaiser mes maux*

Par Moi... mes souliers
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Jeudi 15 octobre 2009


Laissez-moi rêver

J'ai six ans, je sais que ce n’est pas vrai

J'ai quand même six ans

Je suis un tout petit

Qu’est-ce que ça peut bien t’importer

Que je rêve que j’ai six ans

 

J'ai six ans, je suis un kid, je vais à la petite école

Le soir je ferme les yeux et m’endors en rêvant à ma maîtresse

 

J'ai six ans et j’ai six dents

Je sens les odeurs de galettes de Madame Mallette

Je grimpe si haut dans le bouleau

J’ai un petit sac brun rempli de friandises
Mais

Quand j’ai peur

Je me cache en dessous de mon lit

 

Je n'entends que de belles paroles

Les gens sont si gentils
Je respire que de l’air frais

La vie est si belle

Quand on renifle

Tout en jouant dans la neige

 

Moi je m’amuse

Je joue au hockey dans le croissant

Moi je suis Lafleur

Moi je suis un Canadien

Toi un Nordique

 

Ça fait presque trois décennies

Que je rêve à ces souvenirs

 

Le jeudi soir

En revenant de l’épicerie

On joue à la cachette

Un chocolat chaud en entrant

Je sers mon toutou contre mon cœur

Je tombe dans les bras de Morphée

 

Le jour de la messe, c’est paisible

J’enfile mes pantalons propres pour visiter mes oncles

Un beau tour de machine en famille, de ville en ville

 

J'ai six ans, j’ai pas conscience qu’un jour

Il y aura un 11 septembre

Où les grands

Seront si méchants

Jusqu’à vouloir regagner le dessous de mon lit

Tout en priant qu’ils cessent ces bêtises

 

J'ai six ans, je me fous du monde entier

J'ai six ans

Des billes pleines les poches
Laissez-moi rêver

 

Par Moi... mes souliers
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Jeudi 15 octobre 2009

 

 

 

 

Mon regard est arrêté sur ce mélange. Celui de la vapeur que dégage mon bol de café au lait à travers celui de la rosé qui surplombe le fleuve. Monsieur Lortie est parti faire sa marche matinale. Madame me tient compagnie. On se promène tous les deux, pieds nus dans la fraîcheur de l’herbe, tout en bavardant de ma vie, de sa vie, de ma passion pour la course, de sa passion pour le jardinage. À ce moment-ci, le soleil nous offre un spectacle sublime en projetant ses rayons orangés sur le fleuve, tout sereinement.

 

Madame se plaît à me faire sentir ces petites merveilles qu’elle a cultivées au fil des ans. Au passage, elle penche son vieux corps sur une petite fleur jaune tout en me demandant de l’imiter afin que je puisse la humer avec délicatesse. Son jardin est astucieusement bien pensé, il fleurit d’avril à octobre. Toutes ces variétés ont été choisies avec un grand soin afin qu’elle puisse en arriver à son souhait. Ses voisines du village se plaisent à dire qu’elle est perfectionniste, mais elle est plus d’avis que pour elle, ce n’est qu’une partie de plaisir. Un calme habite ce jour qui se lève. On observe cette nature se réveiller, ce bouton de fleur d’hibiscus qui s’ouvre à nous lentement afin de nous révéler la splendeur de sa fleur. Nous entendons à peine quelques petits bruits d’une douceur infinie. J’ai tout mon temps ce matin, il n’y a pas de presse, la nature prend son temps et je me laisse imposer par celle-ci.

 

Elle a séparé ce jardin d’Éden en différents groupes, tout dépendant des couleurs de floraisons. Une chaise est placée dans chacun de ceux-ci afin que madame puisse s’y retrouver selon ses humeurs et ses besoins.

Ce matin je contemple la nature qui s’éveille et qui prend son temps, je me laisse ainsi enseigner par elle, tels un maître et son élève.

 

 Je commence de plus en plus à saisir la raison pour laquelle mon amie m’a envoyé passer un week-end chez ses grands-parents su’l bord du fleuve.

 

J’avais perdu ce rythme, toujours préoccupé par tant de choses à exécuter, sois disant plus importantes les unes des autres. Jusqu’à m’essouffler, en chute libre, dépassé par cette série de scénarios sans fin.

Je cours après ce fameux temps. Mais ce matin, j’ai décidé de prendre le temps de vivre. Tout en douceur.

 

Madame me présenta son coin fétiche de son jardin qu’elle a surnommé, chanson bleue.

En raison de son morceau préféré de Piaf, qu’elle me glissa à l’oreille, tout en cheminant à travers ces ravissantes fleurs bleutées, s’agençant toutes les unes avec les autres. De beaux grands lys ornés de gouttes d’eau, en passant par des asters aux formes étoilées se mêlant aux violettes et aux pensées qui se font plus modestes.

 

Cette série de visions bleutées me plongea instantanément dans le bleu des yeux de ma mère, qui, petit à petit, se font vieux. Que le temps passe. Que les saisons s’enchaînent en nous laissant filer des morceaux qu’ont étaient pas mûrs à laisser partir. Au moment même, j’entendis l’écho de cette si belle chanson de Piaf, provenant de la voix calme et reposée de madame.

 

Pour que tu aies des rêves d'enfant… Oh tes nuits n'auront plus de tourments… ♪♫♪♫

Alors, le jour, tu vas chanter… Pour que les autres puissent espérer... ♪♫♪♫

Quand le monde l'aura appris, tu pourras quitter la vie...  ♪♫♪♫

Tu viendras chanter dans les cieux... ♪♫♪♫  

Le temps ne s’achète pas, il se prend. Le jour est maintenant levé, c’est toujours aussi calme.

Ce jour sera riche d’instants multipliés en toute conscience pour mon être. Et j’ai besoin aujourd’hui de prendre le temps de vivre. Tout en douceur.
Par Moi... mes souliers
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Jeudi 15 octobre 2009


 

 

Moi petit lapin, moi brin malin

Cherche-moi, coucou, coucou

 

Cachée sous cette couette

Cette silhouette convoitait mes prouesses

Une déesse aux petites fesses coquettes

C’était vraiment chouette

 

Moi petit lapin, moi brin vilain

Cherche-moi, coucou, coucou

 

Sous sa douce camisole de lin

Mes mains se faufilèrent dans son ravin

Oh que palpable ces gros seins

C’était vraiment bien

 

Moi petit lapin, moi brin coquin

Cherche-moi, coucou, coucou

 

Elle aspirait à une rafale de petits coups

Mon doux museau reniflant un peu partout

Houuuu! Gémit-elle tout d’un coup

Hummm! Succulent, qu’il était son chou

 

Énigmatique, tel un lapin du magicien

Énergétique, tel un lapin Duracell

Élégant, tel un lapin Playboy

Moi petit lapin, moi, juste un brin fafouin
Par Moi... mes souliers
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Mercredi 12 août 2009

 

Luciole la bricole

 

 Et

Si on se laissait tout simplement planer

À ce lieu d’amour que nous pensions mort

Que nous imaginions qu’il existait aux antipodes

Et

Si on percevait à peine à travers ce petit trou

Une douce petite lueur d’espoir scintillante

Qui nous priait de l’accompagner

...

Luciole la bricole

...

À travers cette obscurité

Illumine-nous jusqu’à ce refuge

À travers cette pénombre

Fais de nous tes grands voyageurs

Je rêve

Elle rêve

Nous y rêvons

Et

Si ces éclats radieux de ce soleil

Qui nous déplie les paupières de ce sommeil

Nous disent tout bonnement

      Nous y sommes

Par Moi... mes souliers
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Samedi 27 juin 2009

 
Il y a en moi quelque chose d’ensoleillé
Il y a dans mon esprit une lanterne illuminée
 
Tu es à moi, je suis à toi, sous le même toit
 
Plus forte que le tourbillon des vents
Plus forte que la pluie qui tombe par torrent
Tu émanes une chaleur à réchauffer l’humanité
Tu as su braver, défier et affronter
Tu as su consoler, réconforter et calmer
 
Et je n’ai plus à concevoir que tu seras éphémère
Et tu es toujours là à danser le jour sur la mer
Et tu te saoules à toutes les heures de ce bonheur
Et tu es toujours là à danser la nuit sur la mer
Et je te réitère que tu es la plus consolante des mères
Dans cette ère dont je pensais que tout était éphémère
 
De temps à autre 
J’ai cru que tu en avais suffisamment
À ces moments de tristesse, tu m’emportais avec toi pour un grand déploiement
De temps à autre
J’ai cru que tu m’aurais écarté après une de mes mascarades
À ces moments de détresse, tu m’emportais avec toi pour une grande promenade
 
Que quiconque risquera de nous étouffer à son gré
S’en brûlera à en mourir
 
Et je découvre chaque jour
Que tu es ma lumière, que ton amour est sans détour
Que sans toi, qui m’aurais éclairé de sa tour
Cette voie 
Cette route 
Cette chaussée
Si glissante par moment
 
Pour une vie, et dans tous mes silences, je danse avec toi
Car je sais maintenant que tu ne quitteras plus ce toit
Pieds nus dans la rosée du matin
Le courage d’être bien 
La mélodie du bonheur
La joie à travers les pleures
 
Et je n’ai plus à concevoir que tu seras éphémère
Et tu es toujours là à danser le jour sur la mer
Et tu te saoules à toutes les heures de ce bonheur
Et tu es toujours là à danser la nuit sur la mer
Et je te réitère que tu es la plus consolante des mères
Dans cette ère dont je pensais que tout était éphémère
 
Que quiconque risquera de nous étouffer à son gré

  S’en brûlera à en périr

 

Tu me chuchotes à l’oreille qu’on est des amis
Pour une longue vie
Lanterne qui nous unit 

  Merci

Par Moi... mes souliers
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Samedi 30 mai 2009
Par Moi... mes souliers
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Samedi 30 mai 2009

 

 À Charlotte, la racine de mon saule,

 

Ma fille, je cours parce que je t’aime

 

 

 

C’était lors de mon premier sacrement, si ma mémoire est bonne, ma tête avait été plongée dans l’eau et ainsi prétendument purifiée. Le membre du clergé m’avait alors enroulé dans une couverture et du même coup, m’avait glissé à l’oreille, toi l’kid, tu vas écrire et, ne sachant trop quoi rajouter, et courir!

 

Et dès que j’ai appris à marcher, j’ai voulu aller plus rapidement, jusqu’à courir.

Un peu plus tard, j’ai appris à mettre des émotions sur papier, j’écrivais alors.

De là un jour où j’ai rédigé à un ami qu’il me faisait penser à un immigrant qui quittait sa terre natale. Avançant sur un bateau en mer, sans jamais regarder à l’arrière, sachant très bien qu’à l’horizon c’est encore plus beau. Une route qu’il bâtissait avec acharnement.

Un chemin que personne ne viendrait lui brimer. Freedom! No compromise.

J’admirais sa bataille.

 

Mais ces dernières semaines, je naviguais avec le sentiment que mon navire faisait naufrage contrairement au sien. J’avais constamment la tête retournée, comme si c’était plus beau à l’arrière, et qu’en avant, c’était l’inaccessible. Mon petit cœur avait froid, au point de grelotter, largement secoué par la suite des événements qui s’enchaînaient les uns après les autres. Il était pratiquement impossible de le réchauffer. 

 

Ces matins-là de grisaille, je m’asseyais sur ton lit, je regardais tes jouets, tes dessins et du même coup, je laçais mes souliers de course pour aller courir le long du lac. Je m’ennuyais de toi, je tournais en rond dans la maison et me disais que ce n’était qu’une mauvaise période, que papa était pour revenir en force. Je me le répétais sans cesse. Et j’en ai couru plusieurs de ces matins-là. J’y allais à reculons, mais j’y allais. Je courais et je me fermais les yeux l’instant de quelques secondes tout en respirant, j’inspirais et j’expirais, ça me faisait un bien incroyable.

 

Oui ma fille, la vie c’est comme une route, parfois on ne s’est plus du tout où l’on s’en va.

 

Papa est un coureur de fond, le fond, il peut t’en parler longuement.

Mais je cours.

Et pendant que je cours, les mauvaises passes s’éloignent à l’arrière.

 

C’était un dimanche matin, la consécration approchait. Le marathon d’Ottawa. La libération à Ottawa, que je me plaisais à dire ces dernières semaines. On s’est regardé droit dans les yeux, moi et Yann, en se souhaitant la meilleure des chances. Nous partions pour au moins quatre heures. Ce jour-là j’ai couru pour le bruit infernal des fanfares ainsi que pour le bambin, qui m’a tendu sa main afin de lui toucher à mon passage. J’ai couru pour voir me dépasser toutes ces belles femmes plus rapides que moi. J’ai couru pour ceux qui ne le peuvent pas.

 

 

Mais surtout, ma fille, j’ai couru pour te revenir en pleine force, régénéré, libéré.

 

Quand papa a croisé la borne du 41e km, il est entré dans une zone qu’il aura toujours de la difficulté à te décrire. Sous les regards des nombreux spectateurs longeant les deux côtés de la route, mes yeux étaient vitrés, au bord des sanglots. J’étais à mes derniers milles de souffrance et j’étais en train de libérer ce qu’il me restait à cracher comme poison avant le sacre de la victoire. Une zone euphorique qui te transporte vers le triomphe.

 

Un peu plus tard, papa était assis seul au pied d’un arbre, un peu étourdi, des maux ici et là, mais avec sa médaille au cou et la serrant fermement dans le creux de sa main, à la contempler, à l’admirer.

Sa dixième.

 

 

Je vais aller courir demain parce que je suis un coureur de fond.

Papa va aller courir demain parce qu’il a réussi à se sortir la tête de ce fond.

Charlotte

                    Papa va aller courir demain parce qu’il a retrouvé le désir de vivre sa vie à fond.
Par Moi... mes souliers
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Vendredi 10 avril 2009


 

 

 

C’est ce que je disais, j’avais enfilé mon costar

Mille et une pleines lunes

Lunes orangées, lunes cachées

À le revêtir, ainsi dissimuler ma douleur

À me déguiser, ainsi couvrir mes plaies

C’est ce que je disais, trop longtemps

 

Soir de juillet solitaire, mon âme errait

Rue des étoiles

À passer en revue le scénario d’une pellicule

La mienne, titrée

L’homme déguisé

 

Regardez! Regardez m’sieur!

Je percevais les échos d’un kid

Cassiopée! La polaire, là!

Contemplez cette peinture! Ouvrez grand vos yeux!

La Grande Ourse! Vous voyez m’sieur?

 

Sous les airs d’harmonica du clochard

Le banc éclairé par le lampadaire nous invitait

J’avais pris soin de retirer mon costume pour cette scène

Une figurine dans la fleur de l’âge apprenant à l’autre

L’alignement des étoiles

 

Fourmillant de corps stellaires

Constellation après constellation

Les bleus du ciel

Un flamboiement argenté

 

La nuit étoilée

 de

Van Gogh

 

Hé Kid!

 Hallucinatoire ou réaliste ?

Réaliste m’sieur

 

Illustration d’une rêverie

La merveille des merveilles

Beau, la vue d’en haut

Beau, la vue d’en bas

 

Chérie

Believe me

I left my jacket on the bench

I don’t need it anymore

Par Moi... mes souliers
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Jeudi 17 juillet 2008


Par Moi... mes souliers
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